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De lave et de sève

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Analyses des textes par des fans

Je tire la langue
Paroles : Elsa / Musique : Christian Marsac
Auteur(e) de l'analyse : Gilles

Souvent, lorsqu'un artiste qui compte beaucoup pour nous vient à sortir un disque, une boulimie nous prend de re-dévorer tous ses anciens opus: ce qui nous permet alors de redécouvrir certaines chansons perdues au fond d'un album auxquelles on n'avait pas prêté attention auparavant. Je ne pense pas me tromper en disant que nous avons tous fait cela avec notre Elsa à la sortie de "De lave et de sève" ou de "Connexion live". Pour ma part, je redécouvre avec plaisir "Chaque jour est un long chemin" et me suis pris d'une affection particulière pour "Je tire la langue".

photo 1 Je suis animateur saisonnier en club de vacances et les mois d’août et de septembre sont évidemment les plus difficiles vu qu'il me faut gérer l'énergie et la fatigue. Or, en réécoutant ce CD, j'ai constaté que la fraîcheur et le dynamisme de cette chanson n°10 suffisait à me remettre de bonne humeur et à me redonner la pèche. Elle entre donc dans ma liste des chansons thérapeutiques de notre Elsa.
Jusqu'ici, même si je trouvais cette chanson agréable à écouter, je ne pouvais entrer vraiment dans ce titre car je ne comprenais pas trop où Elsa voulait en venir dans ce texte qui semblait passer du coq à l'âne. Aujourd'hui, je pense qu'elle décrit ici un moment de bonheur intégral dont elle profite au maximum comme une application du CARPE DIEM.

L'expression "je tire la langue" signifie clairement qu'on a fait ou qu'on va faire une plaisanterie et c'est ce qu'elle s'apprête à faire. Mais revenons-en au début. Elle déclare clairement avoir la tête vide d'arrière-pensées ("je ne pense à rien") et en être heureuse ("et ça fait du bien"). En l'occurrence, elle n'émet aucun jugement sur les gens étranges qui l'interpellent dans la rue comme cette femme habillée bizarrement. Elle se contente de passer son chemin.photo 2
Quand on est dans cet état, on se laisse aller à rêvasser et à vouloir des choses énormes ("j'aimerais faire le tour du monde") jusqu'à ce qu'amusé, on réalise que c'est impossible dans l'immédiat pour l'une ou l'autre raison ("j'ai pas d'argent sur moi"). Réalisant cela, Elsa "tire la langue à temps" pour bien montrer aux gens qu'elle plaisante. Qu'importe! Elle a bien l'intention de profiter de cet instant de bonheur jusqu'au plus profond d'elle-même ("je savoure les heures/ je respire la douceur") et de toutes les façons possibles: parmi celles-ci, celle de recevoir des compliments des autres au risque de devoir tricher ("et je tairai mon âge/ les gens diront jeune femme").
Le "chapeau" peut être une identification ou le fort intérieur. Protégée par lui, Elsa peut se laisser aller aux pitreries personnelles ("je tente/ des grimaces que j'invente") et chanter "sans aucune gène". Et si la gène s'installe, elle peut prendre la tangente en tirant la langue "à temps" comme pour dire "vous inquiétez pas: je plaisante".

Ainsi, Elsa continue à rêvasser de choses énormes. Elle s'imagine vivant dans une coquette maison avec vue sur la mer où elle recevrait ses amis même et surtout quand ils sont tristes pour les rendre heureux et leur faire plaisir. Jusque là, tout va bien mais quand elle envisage de leur faire plaisir en leur montrant ses capacités de cordon bleu ("les petits plats dans les grands"), elle réalise que ça risque d'être difficile vu qu'elle ne cuisine plus aussi bien qu'avant ("j'ai sans doute perdu la main"). photo 3Elle réalise alors qu'une fois de plus, ce qu'elle dit tient lieu de plaisanterie et sauve à nouveau la mise en tirant la langue à temps.

Chemin faisant (je descends la grande rue), Elsa réalise que la journée se termine et veut en profiter jusqu'au bout (j'attendrai jusqu'au soir) quitte à la terminer calmement "sur un banc du square". Ce moment de bonheur a duré tout le jour ("le temps d'une rose") et toutes ses plaisanteries auront quand même eu pour effet secondaire d'amuser les enfants ("je fais rire les mômes").
Comme cerise sur le gâteau, Elsa s'imagine alors magicienne pouvant éteindre les lumières "en claquant des doigts". Mais à nouveau, elle réalise avoir dit une bêtise et sauve une dernière fois la face en "tirant la langue à temps".

Crédit photos Serge Guerand/Corbis Sygma

19 septembre 2004


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